Blog du Conseil Local FCPE Maternelles et Primaires de Lagnieu (01)
Par Jean-Jacques Hazan, Président de la FCPE
Le président de la République l’a répété à plusieurs reprises : la jeunesse et l’éducation doivent redevenir la priorité de la Nation. Cet engagement doit se traduire par le vote, dans les prochaines semaines, d’une loi d’orientation et de programmation pour refonder l’Ecole de la République. De nouveaux moyens ont aussi été promis avec 60 000 embauches supplémentaires dans les cinq ans à venir et 18 000 emplois d’avenir professeurs qui viendront renforcer les équipes pédagogiques. Si tout ceci est un motif de satisfaction, ce n’est pas suffisant.
Ce n’est pas suffisant car l’Etat n’est pas la seule entité publique qui doit donner des moyens supplémentaires à l’Ecole pour la faire réussir. Depuis les années 80, le poids des collectivités territoriales dans le financement de l’éducation est devenu très important.
La commune, par exemple, a la charge des écoles publiques de son territoire. Elle est responsable des locaux, de leur construction à leur entretien… Elle peut aussi organiser des activités éducatives, sportives et culturelles complémentaires au sein de l'Ecole. Or, l’exercice de cette compétence sera notamment capitale dans l'articulation entre temps scolaires et périscolaires une fois la réforme des rythmes promise par le gouvernement mise en place.
En effet, si l’on souhaite alléger la journée de classe de nos enfants sans les faire sortir plus tôt des locaux scolaires pour que leurs horaires restent compatibles avec ceux de leurs parents, il faudra obligatoirement développer les activités péri-éducatives au cours de la journée. Ces activités pourraient se dérouler au cours d’une pause méridienne beaucoup plus longue et nécessiteraient donc un investissement supplémentaire des communes. Les acteurs publics devront trouver des solutions financières pour que ces temps soient de qualité et profitent à tous sur tout le territoire. De fait, les collectivités ne pourront pas faire autrement que d’investir plus dans le domaine de l’éducation. Même si nous sommes parfaitement conscients des difficultés financières rencontrées par un certain nombre de collectivités en raison de la crise et du désengagement de l’Etat ces dernières années, des priorités doivent être décidées, comme cela a été fait au niveau national. Nous pensons par exemple que consacrer de l’argent à l’Ecole est plus important que de construire un nouveau rond-point ! La solidarité nationale devra aussi jouer son rôle grâce à des mécanismes de péréquation pour réduire les écarts entre les communes pauvres et celles qui sont plus aisées.
La réussite de la refondation de l’Ecole dépendra donc des choix politiques qui seront faits tant au niveau national qu’au niveau territorial. C’est pourquoi le rôle des parents, sur le terrain, dans leurs demandes formulées à leurs élus locaux, sont particulièrement importantes ! Nous devons tous nous mobiliser pour que la priorité donnée à l’éducation soit effective sur tout le territoire.